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PIB - GDP

April 7th 2010 No Comments

La Bolduc en 2010

On surnomme la crise économique d’aujourd’hui « La Grande Récession », une référence directe à la Grande Dépression des années 1930. La décennie précédente – les années 1920 – avait vu les marchés boursiers s’emballer (ça vous dit quelque chose ?). Puis, le 24 octobre 1929, la Bourse s’écroule, provoquant la pire crise financière jamais vue. S’ensuit une récession qui s’étirera sur de longues années…

Il fallait être fait fort en ces années pour tenir tête à la crise économique. De 1929 à 1933, les dépenses nationales brutes chutent de plus de 40% et en 1933, le chômage atteint 30% dans la population active. Un Canadien sur 5 dépend de l’aide gouvernementale pour survivre. C’est l’avènement de la Deuxième guerre mondiale qui permettra au taux de chômage de descendre sous la barre des 12%.

Une femme a su insuffler de l’espoir aux chômeurs durement frappés par la crise : Mary Travers-Bolduc, dite La Bolduc. Cette musicienne aguerrie (elle joue de l’accordéon, du violon et de l’harmonica) se trouve propulsée à l’avant-scène grâce à la crise économique. Les mots simples et empreints d’humour qu’elle utilise pour parler aux petites gens de la crise qu’ils traversent lui confèrent une grande popularité. Si bien qu’à partir de 1930, on lui commande un disque par mois.

Ses chansons s’inspirent de l’actualité. Devenue l’icône des classes ouvrières, Mary Travers-Bolduc n’hésite pas à interpeller les gouvernements provincial et fédéral et à dénoncer la pauvreté et le chômage. Elle décède d’un cancer en 1941.

Quels mots La Bolduc aurait-elle mis sur la crise que nous traversons présentement ? Qu’aurait-elle chanté en 2008, 2009 et 2010 ?

Probablement quelque chose qui ressemble à :
« On se plaint à Montréal, après tout on n’est pas mal.
Dans la province de Québec,
on mange notre pain bien sec.
Y a pas d’ouvrage au Canada, y en a ben moins dans les États
Essayez pas d’aller plus loin, vous êtes certain de crever de faim.
»

Sa chanson « Ça va venir » est encore criante d’actualité. Était-ce le coup de génie d’une artiste sensible et visionnaire ? À moins que Madame Bolduc n’ait compris que la cupidité humaine amènerait l’histoire à se répéter.  Après tout, «là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie» !

Annie Richer, recherchiste-rédactrice

Tags: billets français · news

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